lundi 9 septembre 2019
Christian Lelièvre, PROMOTION 54-57, "Monsieur Orthographe"
samedi 1 juin 2024
Claude Lelièvre (promo 57 60) revient DANS "LE CAFÉ PÉDAGOGIQUE" sur l’histoire des écoles normales, « ancêtres » des INSPE actuels alors que la formation initiale des enseignants et enseignantes sera bouleversée dès l’année prochaine,
Détours historiques sur la formation des enseignants du primaire
Alors que la formation initiale des enseignants et enseignantes sera bouleversée dès l’année prochaine, et que les textes n’ont toujours pas été votés au Conseil Supérieur de l’Éducation, Claude Lelièvre revient sur l’histoire des écoles normales, « ancêtres » des Inspe actuels.

Les années 1880 : une nouvelle ambition pour les écoles normales primaires.
Au début des années 1880, les écoles normales d’instituteurs (qui avaient été généralisées par la loi Guizot de 1833) et les écoles normales d’institutrices (qui viennent d’être généralisées par la loi Paul Bert de 1880 ) se trouvent être le siège d’ambitions nouvelles. Dans la mesure où leur mission est considérée comme vitale pour la République (cf la formule de Péguy, les ‘’hussards noirs de la République’’ qui s’imposera), les instituteurs et les institutrices doivent être mieux formés pour bien réussir. La pédagogie fait partie de la liste des matières fixée par le décret du 29 juillet 1881, et celle-ci fait l’objet d’une attention toute particulière : on va donner aux élèves-maîtres des connaissances sur les principes d’éducation, sur l ’histoire de l’école, sur les méthodes et les procédés, sur la législation scolaire. Il ne s’agit plus seulement d’acquérir de bonnes habitudes et quelques techniques ; il s’agit d’apprendre à exercer de façon réfléchie un métier difficile et important.
La difficile articulation théorie-pratique
Un problème essentiel – particulièrement délicat à résoudre – émerge alors : comment penser (et instituer) une relation correcte entre la « théorie » et la « pratique », l’école normale et les « écoles d’application » ou « écoles annexes » ? Les réponses varient.
La réforme de 1905 qui promeut de façon décisive le rôle de la formation professionnelle dans le dispositif des écoles normales primaires précise que « la fonction essentielle des écoles normales consiste moins à préparer des brevetés qu’à former par une culture spéciale les futurs éducateurs de la démocratie » (décret du 4 août 1905). Désormais les élèves-maîtres sont appelés à passer le brevet supérieur dès le terme de leur seconde année d’école normale et un « examen de fin d’études normales » au terme de leur troisième année. Les programmes de première et seconde année se trouvent réduits et remaniés. Ceux de troisième année sont, quant à eux, longuement développés autour de deux grands axes : « les programmes et directions pédagogiques » (explicitant pour chaque discipline les modalités spécifiques de leur application pratique) ; « l’éducation professionnelle des élèves-maîtres » (se préoccupant largement de l’enseignement dispensé dans les écoles annexes ou les écoles d’application)
Mais, en 1920, on revient à la formule de 1881. Afin de « rendre aux écoles normales le sentiment net de leur rôle spécial » (arrêté du 18 août 1920), on réintroduit la formation professionnelle dès la première année (en répartissant les stages des élèves-maîtres sur les trois années de la scolarité) et le brevet supérieur comme unique sanction terminale. Les études portent en première année sur la pédagogie générale, en seconde année sur la pédagogie spéciale (celle des différentes « matières » ou « disciplines »), et en troisième année sur la morale professionnelle et l’administration scolaire.
Claude Lelièvre
Né le 25 juin 1941 à Vouziers (Ardennes) ; agrégé de philosophie puis professeur en sciences de l’éducation, titulaire d’une chaire d’histoire de l’éducation ; ancien responsable de l’UEC à Lille (Nord) ; membre de la commission du débat national sur l’avenir de l’école.
Claude Lelièvre naquit dans une famille d’origine modeste. Son père, Charles Lelièvre, avait quitté l’école avant la fin de sa scolarité (en principe) obligatoire. Il fut successivement ouvrier agricole, scieur de long, commerçant ambulant. Sa mère, Jeanne Husson, ancienne normalienne, était institutrice. Claude Lelièvre eut donc très jeune une perception très partagée de l’école : émancipatrice pour sa mère et très problématique pour son père. Ses parents, pourtant dans la mouvance d’une tradition laïque de type spiritualiste, lui firent donner une éducation religieuse catholique. Le couple avait trois enfants, la première devint professeur de lettres et le troisième professeur d’allemand.
Claude Lelièvre fit ses études primaires à l’école communale, où il découvrit, fasciné, l’histoire dans le petit manuel d’Ernest Lavisse. Ayant réussi le concours d’entrée à l’École normale de Charleville (Ardennes), il poursuivit sa scolarité à celle de Douai (Nord) où il obtint un baccalauréat de philosophie. Il fit ensuite partie de la première promotion de formation en deux ans des maîtres de cours complémentaires (rebaptisés PEGC), de 1960 à1962, ce qui lui permit d’exercer deux ans au collège d’enseignement général de Lomme (Nord). Ayant réussi le concours des IPES en lettres modernes (faute de place en philosophie), il entama des études en lettres modernes à la faculté des lettres de Lille jusqu’à la maîtrise. Il s’intéressa beaucoup alors à la linguistique tout en continuant, à titre personnel, à lire des philosophes contemporains, tel Derrida, Foucault et surtout Althusser, le maître à penser du renouveau marxiste à l’époque.
POUR LIRE LA SUITE DE LA BIOGRAPHIE DE CLAUDE LELIÈVRE, SUIVRE LE LIEN SUIVANT :
vendredi 3 décembre 2021
Christian Lelièvre, (promo 54 57) toujours à la pointe de l'orthographe avec l'AMOPA. C'était le 13 novembre 2021 à Gommegnies. Merci à Bernard Stienne (66 71) d'avoir transmis l'information à l'amicale des anciens de l'école normale d'instituteurs de Douai
Gommegnies: Christian Lelièvre et sa dictée reviennent samedi 13 novembre
jeudi 5 mai 2022
Christian Lelièvre (promo 54 58) au pupitre de la dictée de l'AMOPA
Dans le cadre de sa participation à la défense et à la promotion de la langue française, Christian Lelièvre, président et les membres du secteur Avesnois de l’Association des membres de l’Ordre des palmes Académiques (AMOPA) a organisé ce vendredi 29 avril « la dictée de l’AMOPA » au lycée Jessé-de-Forest.
Nous reproduisons ci-dessous l'article de la Voix du Nord du 3 mai 2022 qui rend compte de l'événement :
Avesnes-sur-Helpe : balade au cœur de particularités de la langue française avec l’AMOPA
Joséphine est l’héroïne de la dictée que Christian Lelièvre et l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques proposaient vendredi, au lycée Jessé-de-Forest, d’Avesnes-sur-Helpe et qui a réuni nombre d’habitants de l’Avesnois dont la députée Anne-Laure Cattelot.
Elle raconte à sa manière les quatre saisons, texte ou prétexte pour découvrir quelques jeux de mots et revisiter certaines règles d’orthographe pour le plus grand plaisir intellectuel des participants. Nous la voyons s’émerveiller devant « les recrûs d’essences », c’est-à-dire de jeunes pousses (celles qui recroissent) d’arbres dont il existe une multitude d’essences. Elle remarque les « cannas pêche », ces plantes couleur du fruit, qui fleurissent souvent nos ronds-points. « Les meulons ventrus » qu’elle observe dans les champs ne sont pas Charentais mais évoquent ces petits monts de paille coniques qui s’alignaient autrefois dans les campagnes après la récolte. Les « leurres divers » n’ont rien à voir avec l’heure d’été mais désignent pour les animaux du texte des pièges variés.
| Christian Lelièvre pendant la dictée |
« C’est le contexte et sa compréhension qui indiquent l’orthographe correcte » explique Christian Lelièvre. Que l’on parle « infusion aromatisée », et les « thés indiens » ne peuvent évoquer une période météorologique. L’animateur propose aussi quelques réflexions autour du genre des mots. Alors aphte : masculin ou féminin ? Et emplâtre ? Quant à ammophile, au masculin c’est un oyat, graminée utilisée pour la fixation des dunes et qui aime le sable, au féminin, un moustique aux piqûres venimeuses.
LE COD DÉTERMINANT
Voici le beau texte de la dictée d'Avesnes-sur-Helpe du 29 avril 2022 que nous a envoyé Michèle Vasseur à la demande de Christian Lelièvre
Joséphine et les quatre saisons
Chaque année, avec un plaisir indicible, Joséphine voit revenir le printemps et les oiseaux migrateurs, ravis d’avoir déjoué pièges létaux et leurres divers. Dans la forêt, elle s’émerveille devant les recrûs d’essences, marques non ambiguës de l’obstination à vivre.
En juillet, lors de ses longues promenades dans la campagne, bénéficiant d’un temps d’été stable, elle admire les fruits de la nature : meulons ventrus, lots de javelles parfaitement alignés (alignées), à perte de vue. « Après l’août, le chaumage », dit-elle sur un ton amusé.
Elle aime les couleurs automnales, les fuchsias amarante et les cannas pêche entourant la mare tarie depuis fort longtemps à cause d’une sécheresse tenace. Elle reçoit, à cette époque de brumaire, son amie, une polyglotte boscotte, petiote, quelque peu fiérote, toujours vêtue de pulls jacquard en cheviotte. Elle la félicite toujours pour ses bas si noirs. À l’heure du thé, toutes deux ne résistent pas longtemps à l’appel des fars.
L’hiver, c’est une tout autre affaire ! Quand le vent hurle dans les grands arbres, quand le sol se fend sous l’effet du gel, elle s’installe confortablement dans sa bergère Louis XV et déguste une infusion aromatisée. Elle a toujours apprécié les thés indiens. Elle s’est mis en tête de devenir une championne d’orthographe. Elle se plonge alors avec bonheur dans un ouvrage traitant de l’accord des participes passés des verbes pronominaux : ils se sont succédé ; les fruits se sont vendus cher ; elles se sont emparées du dictionnaire : elle s’est complu à les apprendre par cœur. Elle est sûre de faire un sans-faute à la dictée d’Avesnes.
Elle s’est laissé séduire par notre bel idiome qui a du génie, selon Voltaire.
Christian LELIÈVRE.
Champion de France d’orthographe.
Champion de la Dictée des Amériques.
lundi 8 août 2022
Christian Lelièvre (promo 54 57) promu au grade de commandeur dans l'Ordre des Palmes Académiques
Article de la Voix du Nord du dimanche 7 août
Reproduction du texte de l'article
Christian Lelièvre promu commandeur dans l’ordre des Palmes académiques

Voici la copie du courrier du ministre et du diplôme reçu
lundi 17 octobre 2022
Christian Lelièvre (promo 54 58) a été élevé au grade de Commandeur dans l'ordre des Palmes Académiques lors de l'assemblée générale de l'AMOPA du Nord dans la salle d'Anchin à Douai
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| Au bureau de l'assemblée générale de l'AMOPA du Nord |
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| Au premier rang des amicalistes de l'AMOPA, Christian Lelièvre |
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| Discours de Jean-Pierre Polvent (promo FP 67 69) président national de l'AMOPA |
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| Remise de la croix de Commandeur des Palmes Académiques à Christian Lelièvre |
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| Tonnerre d'applaudissements pour le nouveau récipiendaire |
Pour lire le discours en mode pdf de Jean-Pierre Polvent, cliquer sur le lien
lundi 22 avril 2024
« Féerie Vernale » : une «dictée printanière» avec Christian Lelièvre, champion d’orthographe, à Avesnes-sur-Helpe
Avesnes-sur-Helpe : une «dictée printanière» avec Christian Lelièvre, champion d’orthographe
« Féerie Vernale » est le titre de la dictée que Christian Lelièvre, champion de France d’orthographe, a proposé à tout un panel de passionnés de la langue française au lycée Jessé De Forest cette semaine.
| Christian Lelièvre, champion de France d’orthographe, a lu un texte comportant de nombreux pièges. - Photo La Voix. |
Pierre Descamps (correspondant local de presse) Publié: 19 Avril 2024
L’adjectif vernal vient du latin « ver » qui désigne le printemps. C’est donc à une féerie printanière que Christian Lelièvre a convié son auditoire dans un texte où s’épanouissent les noms de fleurs, leurs adjectifs et quelques pièges, bien entendu.
| La dictée est organisée par l’association des membres de l’ordre des palmes académiques. - Photo La Voix. |
vendredi 22 mai 2026
Christian LELIÈVRE, promo 53 57, toujours en route au service de l'orthographe dans l'Aisne cette fois
Le Nouvion-en-Thiérache : venez tester votre orthographe grâce au jeu de la dictée
La dictée sera écrite et lue par Christian Lelièvre, sacré champion de France d’orthographe à 2 reprises en 2006 avec une demi-faute et en 2007 avec une faute sous les ors de la mairie du XVIe arrondissement de Paris, félicité par Pierre-Christian Taittinger, ancien sénateur de Paris et ancien maire du XVIe arrondissement.
« J’en écris une quinzaine par an »
« Des dictées, j’en écris une quinzaine par an, toutes différentes. L’an dernier, celle lue au Nouvion-en-Thiérache l’était sur le thème des fleurs de rhétorique et des belles lettres. Cette année elle porte sur la forêt du Nouvion-en-Thiérache. C’est une forêt chargée d’histoire avec ses trois gros chênes, Claude, Henri et François, arbres centenaires », souligne Christian Lelièvre.
La dictée projetée sur écran phrase après phrase
Cette dictée va se dérouler en plusieurs étapes. « J’en fais lecture. Puis je la dicte lentement. Je la relis. Sur place la dictée sera projetée sur écran phrase après phrase pour en donner les corrections et explications. Chacun corrige sa copie », précise le champion.
Sans être du niveau de la fameuse dictée de Prosper Mérimée, imaginée en 1857, réputée impossible, la dictée de Christian Lelièvre promet son lot de surprises. « Pour moi, il n’y a qu’une orthographe, c’est celle du dictionnaire. L’orthographe qui a recours à l’intelligence artificielle pour moi c’est de la paresse intellectuelle. On perd une grande partie de la beauté de notre langue française », finit le crack de l’orthographe.
Inscriptions au 03 23 97 21 70.Le jeu de la dictée a réuni 30 participants au Nouvion-en-Thiérache
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| Les récipiendaires |
voici après l'événement passé le texte complet de la dictée :
Le-Nouvion-en-Thiérache. Samedi 30 mai 2026.
Prosopopées sylvestres nouvionnaises
C’est une belle histoire, mâtinée de légende(s) que je vais vous conter.
À la fin du XIXe siècle, vers 1880, le duc d’Aumale, alors propriétaire du Domaine de Guise, décida que trois des plus gros chênes de la belle forêt du Nouvion seraient choisis pour rappeler la naissance des trois premiers ducs de Guise.
Je suis Claude de Lorraine, nommé premier duc de Guise en 1528. Arbre majestueux de 30 m de haut, de plus de 4 mètres (m) de circonférence, j’ai vécu plus de 3 siècles. Nombre de curieux visiteurs se sont relayés et succédé sous mon épais feuillage quels que fussent les conditions météo et les moments de la journée. Certains se sont même souvent laissé gagner par une roborative sieste postprandiale parmi les centaurées mauves, les plantes odoriférantes aux feuilles coruscantes et les fleurs personées des mufliers sauvages encore appelés gueules-de-loup.
Ignorant les satyres chèvre-pieds, des ornithologues – calures reconnues – ont observé les grands ducs airant sur ma cime, des signes avant-coureurs d’une prochaine nidification.
Fin de la dictée pour les amateurs.
Je suis François de Guise, je mesure 10 m de circonférence et j’ai 350 ans. Quantité d’élégants éphèbes endimanchés et de tendrons énamourés se sont donné rendez-vous à l’ombre de mes branches tortueuses, ombre propice aux amours qu’ils ont entre-tissées et ont gravé des cœurs transpercés par les flèches de Cupidon sur mon écorce rugueuse, délaissant le rhytidome des platanes du centre-ville.
Des sylviculteurs, progressant avec prudence parmi les écots sciés se sont régulièrement rencontrés sous la fraîcheur de mes branchages pour tenir à jour leurs comptes de pérots. Busards et balbuzards ont trouvé refuge sur mes branches supérieures et se sont égaillés à l’envi, effrayant au passage des harets à raies.
Je m’appelle Henri de Guise, j’ai 300 ans, je mesure 4,5 m de circonférence. J’entends souvent raller le cerf à l’approche du jardin des daines.
Entouré de plusieurs dames d’atour, adossé sur mes racines, le poète a souvent interprété les laisses de la Chanson de Roland, a récité à haute voix des sœurs de lais et dix dits de Rutebeuf.
Tapis dans des escarpes encaissées, de cruels escarpes, véritables coupe-jarrets, ont détroussé, sous mes yeux, nobliaux et gentes dames avec desseins pervers.
Gracieuses, légères et rieuses, de jeunes princesses se sont balancées sur l’escarpolette accrochée à mes branches basses. Telles des vanesses joliment colorées, elles m’ont apporté beauté, insouciance et fraîcheur.
Le duc d’Aumale, avant son exil vers la Belgique en 1886, le cœur gros, nous a salués tous les trois et nous a souhaité… longue vie !
Christian LELIÈVRE.
Champion de France d’orthographe.
Champion de la Dictée des Amériques (Québec).












