mardi 17 février 2026

Notre amicale des anciens normaliens de Douai est bien plus ancienne que l'on croit. 1868 est sa date de naissance réelle.



Buste de Victor Tilmant 1836-1902
par Charles Parmentier 1884 (Palais des beaux Arts de Lille)

L'Association des anciens élèves de l'École normale de Douai fut à l’origine fondée en 1868.

Elle change sa dénomination en 1881 et devient : Association des anciens élèves de l'École normale et des instituteurs (laïques) du Nord en décidant de s'ouvrir à tous les instituteurs et non seulement à ceux issus de l'École normale. C’est ainsi que, de 1881 à 1885, les membres passent de 350 à 1130

En 1893, elle devient Association des anciens élèves de l'École normale et des instituteurs et institutrices laïques puis Association des anciens élèves des Écoles normales en 1921 jusqu'en 1940, année de sa disparition, avec, à partir de 1931, le sous-titre : Syndicat professionnel des institutrices et instituteurs publics du Nord.

 Parmi les présidents successifs de l'Association, on relève les noms de Victor Tilmant, F. Dubus, Bruno, Dartus, Pierre Lesur, R. Margri. Et comme secrétaires successifs : J. Monier, Debehaigne, Fontaine, Huriez, A. Bonnet.


Les Objectifs de l'Association.


« Notre association a été fondée en 1868 dans le but :

1 - de créer et d'entretenir entre ses membres un lien réel de sympathie et des relations d'amitié ;

2 - de contribuer aux progrès de l'enseignement laïque et à la défense des intérêts, tant moraux que matériels, de ses membres ;

3 - de se rendre utile les uns aux autres en venant en aide aux orphelins admis aux écoles normales du département qui ne pourraient pas faire les frais du trousseau ;

4 - de donner des encouragements aux anciens élèves et aux instituteurs laïques en général, qui auront contribué aux progrès de l'enseignement, ou qui se seront signalés par des actes de dévouement de nature à honorer le corps des instituteurs.

L'association publie un bulletin qui reproduit le compte-rendu des travaux de chaque assemblée et des études pédagogiques. Après la loi de 1882, ce bulletin a donné des séries de leçons et des cours suivis sur les différentes matières et facilité ainsi l'application des programmes établis en conformité de la loi. L'association ne recevait d'abord que les anciens normaliens de Douai, dans la suite, elle a admis les instituteurs publics laïques non sortis de l'école normale et les institutrices publiques laïques » (novembre 1899).


Contenu des publications


– Leçons et devoirs commentés, pour l'école élémentaire, dans les différents niveaux, en français, mathématiques et dessin ; dictées expliquées, choix de récitations, lectures ; devoirs d'agriculture et d'horticulture sous forme de lectures et de dictées ; poésies.

– Articles de pédagogie et comptes rendus de conférences pédagogiques.

– Nouvelles sur la vie scolaire de la région, la vie des instituteurs, réflexions sur les matières enseignées ; nouvelles d'autres associations d'instituteurs ainsi que de congrès d'enseignement et de la Fédération des amicales.

– Textes officiels et commentaires sur la scolarisation des enfants employés dans les manufactures du Nord.

– Préparation aux différents examens et concours et, notamment, au certificat d'aptitude pédagogique, au brevet de capacité, aux brevets supérieur et élémentaire, à l'entrée à l'école normale, au certificat d'études et aux concours de bourse d'enseignement primaire.

– Supplément annuel : « catalogue de livres de prix et d'ouvrages pour bibliothèques populaires et bibliothèques pédagogiques » dressé par l'association.

– Partie corporative : traitements, retraites (des comparaisons sont faites avec l'étranger).

– Nouvelles de l'association; liste des membres ; nécrologie.

– Tribune libre, bibliographie.


Source documentaire de notre article : 


http://www.inrp.fr/presse-education/revue.php?ide_rev=124&LIMIT_OUVR=120,10


Une lectrice de notre blog nous a apporté des précisions sur l’un des présidents de l’association. Nous la remercions bien évidemment. Voici quelques extraits de sa contribution : 


Victor-Louis Tilmant (1836- 1902) était directeur de l'École primaire supérieure de Lille, trésorier de la Société des secours mutuels des instituteurs à Lille ainsi que Président de l'Association des anciens élèves de l'École Normale de Douai vers 1874. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'enseignement. Un buste en plâtre de Victor Tilmant réalisé en 1884 par Charles Parmentier figure dans la collection d'œuvres du Palais des Beaux-Arts de Lille. Et une rue de Lille porte son nom ! 


Il est d'ailleurs enterré au Cimetière de l'Est à Lille (allée H25), ville où je réside, et un beau buste en bronze à son effigie a été érigé sur la tombe "par ses élèves, ses amis" ; celui-ci a été réalisé par le sculpteur Charles Caby.


Cordialement,

Arlie arlie-photos@net-c.com 

adresse du site d’Arlie : 

https://arlie-photos.wixsite.com/photographies









 

lundi 9 février 2026

De Fernand Ruysschaert à Emile Bonnemaison, Pierre Dufour, promo 68-73, évoque le souvenir de ses grands-parents instituteurs avec tendresse

 Je reviens un instant sur Fernand Ruysschaert, mon grand-père maternel, devenu instituteur. ( évoqué dans un précédent article, cliquer sur le lien pour le consulter)



De condition modeste, Fernand n'était pas destiné davantage à jouer au tennis, ce sport restant alors l'apanage d'une certaine bourgeoisie.

Fernand est au bord de mer. Un nageur semble en difficulté qui risque la noyade. Fernand nage pour s'approcher du malheureux et réussit, après l'avoir intimé avec autorité au respect d'une absolue immobilité, à le ramener au rivage, sauvé, vivant.

Or cette personne est le fils d'un riche médecin, propriétaire d'une demeure non moins riche, équipée d'un terrain de tennis.

Invité pour le remercier en la demeure bourgeoise, Fernand y est initié au tennis.

C'est pourquoi les petits-enfants de Fernand dont je suis, furent bien plus tard incités à manipuler à leur tour une raquette de tennis.

Je détiens aujourd'hui encore, un enregistrement sonore de Fernand, que j'ai réalisé environ 5 ans avant son décès. Avec une voix chevrotante, Fernand y raconte les souvenirs de ses anciennes émotions lors de sa descente à dos de mule de sentiers vertigineux du cirque de Gavarnie.




Autre petite histoire familiale.

Fernand se marie avec une institutrice de Poix-du-nord, Berthe Bonnemaison (ma grand-mère maternelle).

Son beau-père est Emile Bonnemaison, papa de Berthe.

Emile, un de mes bisaïeuls donc, est un expert comptable, fondé de pouvoir d'une filature du nord et bras droit du patron de la boîte, plutôt aisé.

La femme d'Emile se nomme Alix Abraham, bien entendu juive.



Mais à l'époque du nazisme, mieux valait cacher ce genre d'origine.

Le prénom Alix fut donc changé en Céline, prénom qui figure toujours sur sa tombe.

Mais encore : Emile, dont je joins une photo, je (et nous) l'avons bien connu.

Son aisance financière, assortie, comme ce fut aussi le cas de Fernand, à une  générosité certaine, le fit associer tous ses arrières petits-enfants à ses vieux jours.

C'est ainsi que, seul propriétaire du quartier d'un des premiers téléviseurs (noir et blanc), tous les tout petits étaient invités chez Emile chaque jeudi après-midi pour visionner les émissions pour la jeunesse. La gouvernante d'Emile procédait à la distribution d'un petit gâteau ou bonbon à chaque enfant (10 enfants sur les 12 existant).

Né en 1870, Emile disparut en 1971, à 98 ans et 2 mois. J'avais alors 17 ans.

Parmi les 12 petits : 5 instituteurs, 3 professeurs et dans leurs ascendants directs, 2 institutrices, 1 directeur d'école, 1 professeur.



mardi 3 février 2026

Christian LELIÈVRE, promo 54-57, est l'auteur de la dictée caricative de Marcq-en-Barœul organisée par Inner Wheel, jeudi 22 janvier 2026. Et pour une fois, le thème consistait en une biographie d'une artiste peintre, Berthe MORISOT

 Indépendante et indispensable à l'impressionnisme, Berthe Morisot est une figure atypique de l'histoire de l'art. À l'instar de Frida Kahlo, Niki de Saint Phalle, Artemisia Gentileschi ou Suzanne Valandon, elle est une femme dans un monde d'hommes, qui a su s'imposer et transformer les difficultés de son existence en une force créatrice.


Berthe Morisot ou la beauté et la tendresse

De tous les arts que professe le génie, la peinture est indéniablement celui qui exige le plus de sacrifices. 

Cette réflexion peut être inscrite au fronton des vies de tous les peintres. Quand on regarde l'œuvre picturale de  Berthe, si douce, si tendre et si vraie, qui pourrait imaginer alors les efforts accomplis, la pugnacité, l'opiniâtreté  pendant sa courte vie pour aboutir à une exceptionnelle production de huit cent cinquante toiles qui appartiennent à  jamais à notre patrimoine culturel ? Berthe naîtsous d’heureux auspices le 14 janvier 1841 à Bourges, dans le Cher, où  son père est préfet. Elle passe une enfance heureuse, sans problème, très liée à sa sœur Edma, l'amie-née et à sa  grand-mère. 

Elle connaîtra une lénifiante zénitude, à mille lieues de la violence, de la gêne, protégée par les forts liens qu'elles avaient entre-tissés depuis sa tendre enfance. Sa mère s'était mis en tête de faire de Berthe une musicienne mais le  hasard, plus qu'une vocation, l'entraînera vers la peinture. Il ne s'agit pas d'une passion dévorante, dévastatrice mais  d'une exigence courante d'éducation dans une famille bourgeoise. La peinture, le dessin et la musique font partie, au  XIXesiècle, d'un enseignement privilégié. À 19 ans, elle est confiée à Corot qui élargit sa vision de la nature en  développant sa perception de la beauté. Elle rencontre des personnages hauts en couleur, ignore le népenthès et la  cyclothymie. Si elle disposait de quelques heures et qu'elle pût s'isoler, elle les consacrait tout entières à ses toiles. 

Fin de la dictée pour les amateurs. 

En avril 1875, elle a 34 ans, dans les ateliers du célèbre photographe Nadar, elle participe à une grande exposition où 165 toiles sont présentées. Quantité d'amateurs d'art s'étaient donné rendez-vous et s'étaient proposé d'aller admirer  ces chefs-d'œuvre quelle que fût la météo ! 

De vrais doctes gens lettrés pouvaient s’enorgueillir ce jour de fête là de rencontrer de prestigieux artistes tels que : Manet, Renoir, Cézanne, Degas ou Sisley. Berthe expose 9 toiles. Ce jour-là, l'impressionnisme est né. Les peintres  jouent avec la lumière. Berthe incarne la spontanéité, la fraîcheur, la transmission des sensations qu'elle éprouve, ne  déclenchant jamais la larme. 

Elle sert de modèle à Édouard Manet qui la représente belle, passionnée, très élégante. Elle tient compte de ses  conseils, travaille dans son atelier dans une atmosphère paisible, ne tombant jamais dans le lacs de l’ire. 

Le rouge gueules, le rubis balais et le rose tyrien illuminent ses peintures. À 33 ans, elle épouse Eugène, le frère  d’Édouard. La cérémonie se fera sans pompe, sans invités. Elle s'était laissé séduire par cet archétype du dilettante  rêveur, ne s'embarrassant pas de subtiles blandices. De cette union naîtra une petite fille : Julie qu’elle élèvera avec  amour et intelligence. Elles deviendront inséparables. À cinquante-quatre ans, elle a vieilli, ses cheveux sont blancs.  Elle accueille avec équanimité la vieillesse et l'au-delà. Emportée par une pneumonie, elle s'éteint le 29 janvier 1895, vêtue de « probité candide et de lin blanc ». Accordons-lui ce célèbre zeugma de Victor Hugo. 

Christian LELIÈVRE. 

Champion de France d’orthographe. 

Champion de la Dictée des Amériques. (Québec).






lundi 2 février 2026

Roland Pocquet, promo 50-52, à nouveau mis à l'honneur par la ville de Douai. N'oublions pas qu'il a fait éclore de multipes talents d'acteurs parmi lesquels Corinne Masiero et Jacques Bonnaffé

 

Douai rend hommage à Bernadette et Roland Poquet, fondateur de l’Hippodrome-Tandem

La Ville de Douai a rendu hommage, vendredi, aux cofondateurs de l’Hippodrome, salle de spectacle et de cinéma d’art et d’essai, Bernadette et Roland Poquet. Figures incontournables de la vie culturelle douaisienne et aussi régionale.


Bernadette et Roland Poquet ont tout d’abord créé, dans l’effervescence des années 70, une maison de la culture « hors les murs », rue de l’Université, à Douai, associée à une troupe de théâtre La Compagnie du Beffroi. Enthousiastes et infatigables enseignants, mais également comédiens, ils étaient portés alors par leur désir de mettre la culture à la portée de tous.

C’est cette ténacité, et l’aide du maire Jacques Vernier qui, en septembre 1986, a permis de pérenniser l’action de Roland Poquet, qui assurait vouloir « vivre en état de poésie », en dotant Douai d’une salle de spectacle neuve. L’ancien hippodrome du début du XXe siècle fut choisi et entièrement rénové, cette année-là, afin de doter la ville d’une salle de spectacle d’envergure nationale, d’une scène de théâtre et d’un cinéma d’art et d’essai.


Plaque commémorative

Roland Poquet, décédé l’an passé à l’âge de 93 ans, a eu le temps de voir son œuvre évoluer et obtenir, en 1990, le label « scène nationale », puis s’étendre vers l’Artois, avec la création de Tandem, qui associe les scènes de l’Hippodrome de Douai et celle du théâtre d’Arras.

Ce vendredi, en présence des fils de Bernadette et Roland Poquet, venus de Nice, de l’acteur Jacques Bonnaffé et de Jacques Vernier, le maire Frédéric Chéreau a inauguré une plaque commémorative en mémoire de « l’importante contribution des époux Poquet à la vie culturelle dans les Hauts-de-France ». Le comédien Jaques Bonnaffé, qui a débuté avec Roland Poquet, était présent hier pour rendre hommage à celui qui l’a épaulé à ses débuts. Il a rappelé combien « les plus grands pourfendeurs des œuvres sont ceux qui ne les ont pas vues », saluant la mémoire du couple Pocquet qui, précisément, a œuvré dans l’ombre pour mettre les talents de nombreux artistes en lumière.

jeudi 22 janvier 2026

Francine Malexis, ancienne professeure de sciences naturelles à l'ENID de 1965 à 1984, nous envoie une photo prise à l'issue du pot de départ en retraite de Paul Dumont et Jean Joly et nous apporte des précisions fort intéressantes à ce sujet

La vraie photo du départ en retraite de PAUL DUMONT



De gauche à droite : X, professeur à l’ENG, X, X, maîtres d’application, Victor Tryoën, Émile Serna, inspecteur d’Académie, Jean Joly, Roger Beaucarne, directeur de l’ENID, Paul Dumont et Yvonne Dumont



  Le bulletin numéro  123 évoque le départ en retraite de Paul Dumont . Cet article m’a permis de retrouver quelques souvenirs, une photo et une anecdote que je raconte ici.
Au cours de l’année scolaire 1980-1981 l’ENG de Douai a été chargée d’encadrer pendant 6 semaines un stage de formation continue destiné aux  institutrices d’école maternelle du secteur de Tourcoing-Roncq.. Victor Tryoën ( professeur de physique) et moi-même (professeur de sciences naturelles) nous avions la responsabilité de la journée Sciences ; Paul Dumont assurait la journée  Français.
A la fin de la période les stagiaires nous ont fait découvrir leurs productions réalisées au cours d’activités « photo-contact » où on dépose des objets sur du papier sensible qui est ensuite éclairé. Elles avaient pris comme modèle Paul Dumont Je me souviens que le système pileux était symbolisé par des branches d’asparagus, les autres détails je les ai oubliés !!!!  Les deux professeurs de Sciences ont trouvé la « photo » très ressemblante mais les institutrices n’avaient pas osé la présenter à Paul la jugeant irrévérencieuse par rapport à l’estime et au respect qu’elles avaient pour leur professeur.
A l'époque, Michel Chère et moi-même, Francine Malexis avions créé une Amicale du personnel, association non officielle mais soutenue par de directeur de l’EN Roger Beaucarne. C’est cette Amicale qui a fait encadrer et emballer avec élégance la fameuse photocontact qui fut remise à Paul le jour de son départ.Je pense que c’est ce cadeau qu’il tient dans les mains sur la photo. Lorsqu’il a découvert  son portrait, le Professeur était à la fois surpris et ému et c’est avec joie et attention qu’il l’a emmené en retraite.

Francine MALEXIS VERDIÈRE, promo ENF 54 58, professeur à l’ENG en sciences naturelles de 1965 à 1984
 


dimanche 18 janvier 2026

Souvenirs de Pierre DUFOUR, promo 68-73, à la lecture du bulletin 123 de l'amicale

 Bonjour aux acteurs efficaces de l'Amicale des anciens élèves de l'école normale d'instituteurs à Douai. 
En ce lundi 12 janvier 2026, je reçois le « Bulletin n°123 » et c'est un moment bien agréable, émotions..., donc merci aux réalisateurs et à Monsieur Jean Marie Devaux. 
Bien sûr, je lis, cherche des têtes croisées, connues, et il y en a !, pas très nombreuses, mais je vais connaître quelques surprises avec ce bulletin. (au risque d'ennuyer, je vais préciser !) 
- Comment ne pas aussitôt envoyer le montant de mon adhésion pour 2026 dans ces conditions ? - Et hop, un petit virement..., c'est fait. - (quand je bois un « verre », j'annonce alentour : « c'est peut-être le dernier » alors, profitons!) 
Je ne vais pas vous dérouler du Arthur-Carême ni du Maurice-Rimbaud à la manière de Geneviève Tabouis car j'étais en section C à l'ENI ! 
Tout ça est bien lointain à présent, mais les souvenirs, les traces sont bien là. A 72 ans (promo 68-73 comme on se dit... waouh), je sais que je dois toujours le respect à de plus anciens et beaucoup à mes maîtres à l'école normale (et aux autres) qui ont infléchi et guidé mon parcours de vie. 
-J'ai le défaut d'être bavard, je vais énormément résumer et le lecteur retaillera à son goût 
On ne peut pas citer tous / toutes, mais j'ai envie, (sans hiérarchie) d'évoquer certains... pas pour d'identiques raisons. 
Bien sûr, Monsieur Paul Dumont et sa femme, m'ont marqué. Je n'oublie pas le sourire de « popaul », sa trop brève retraite est bien triste... Heureusement ils sont toujours un peu avec des normaliens dans leur tête, ...et dans le bulletin 123 aussi. 
Page 9... 
Ma vie s'est articulée à partir d'aléas, d'inattendus. Je n'ai été enseignant que peu d'années (je suis très gêné, de ce fait, d'être cité au bulletin), mais ce sont des années qui marquent une vie. Et dans ma famille, nombreux étaient celles et ceux des professions d'enseignants (et sont encore). 
Aussi j'ai connu l'amicale très tard, et tout juste après – hélas – le « jubilé » de ma promo. (- rendez-vous dans … ans ?). 
Une anecdote (courte), mon grand-père maternel (parmi plein d'autres enseignants de la famille) fut instituteur, il s'appelait Fernand Ruysschaert, qui lui aussi, a marqué ma vie.
(*renvoi 1 en bas de page) 
  • Né le 3 mai 1890 (samedi) - Tourcoing, Nord, France
  • Décédé le 20 août 1981 (jeudi) - Somain, Nord, France, à l'âge de 91 ans
  • Inhumé le 24 août 1981 (lundi) - Somain, Nord, France
  • Instituteur (auparavant trieur de cordes (1906) puis ouvrier fondeur ; a aussi travaillé comme comptable une fois en retraite)


Fernand a eu une vie (1890-1981) chahutée, par la guerre (les -), mais aussi parce que pauvre, enfant de famille pauvre aux nombreux enfants, 6 je crois, il eut un destin tragique et magique...
Mis au travail encore ado, ouvrier de fonderie, manœuvre, il transporte des cuves de métal en fusion, avec un autre ouvrier. Il a 20 ans quand c'est l'accident, grand brûlé, laissé pour mort, puis suivi et aidé par un médecin, il étudie en hôpital, devient instituteur ! 
Dans sa classe « du certificat d'études » il eut pour élève un (devenu célèbre) accordéoniste français (dont il botta les fesses pour booster la motivation). A la retraite, encore 15 ans de travail comme comptable à la demande d'un commerçant. Fernand avait été appelé en mairie de Somain (en 1945) pour distribuer les dommages de guerre (sommes distribuées par l'état, sous forme d'espèces à l'époque) aux habitants dont l'habitation avait été détruite par les bombardements. Et c'est à cette occasion qu'un quincailler l'avait recruté comme comptable (pour 15 ans) alors qu'il abordait la retraite, à 55 ans révolus.
Âgé de 75 ans, il « jouait » au tennis avec ses petits-enfants (12 dont je suis) et encore lui greffait-on de la peau peu avant, suite à ses brûlures des 20 ans. (j'arrête sur « Fernand », il y aurait à écrire...). 
Revenons à Bulletin 123 
(je ne serai pas au repas du... 29 mars 2026). 
Éloigné, près de Montpellier, appelé à bien des occupations aussi, portant un peu les années passées, impossible. 
Page 22, un nom attire mon attention, Bernard Dufour (67-69), décédé. Je ne le connaissais pas, mais si vous avez le contact avec sa parenté, je veux bien en savoir un peu plus sur lui (?). 
Page 34, il est question d'un certain Emile Duez. Il se pourrait bien qu'il s'agisse d'un mien cousin. Et - si c'est bien lui -, nous avons dormi dans le même dortoir à l'ENI, et dans le même box de 8 lits, en 1968/1969, en classe de seconde. Sa tante Geneviève Duez fut épouse de mon parrain et frère de ma mère. 
Enfin surprise page 45, hélas aux décès : 
Celui de Gérard Dubrulle, FP 64-66, survenu à Saint-Denis de La Réunion... Gérard (et sa femme), comme mon grand-père Fernand, pratiquaient le tennis. Quant à moi, j'ai été, peu avant mon entrée à l'ENI (jeune donc) l'un des fondateurs (et secrétaire) d'un club de tennis (vers 1965 je pense) voulu démocratiquement accessible, à Somain. 
Gérard DUBRULLE



Guidé par un conseiller général, je fus aidé par un secrétaire du club de tennis d'Aniche (club de la verrerie Saint Gobain). Ce club somainois existe toujours.
Gérard (jeune) et sa (jeune) épouse étaient de proches voisins. Tous deux m'emmenaient dans leur 2cv jusqu'au tennis... Jusqu'au jour où, Gérard devant répondre à l'appel sous les drapeaux à l'expiration de son sursis et report d'incorporation pour études, il décida d'opter pour la coopération, en tout cas, ils partirent à La Réunion, sa femme et lui. Après quelques courriers échangés, j'appris qu'une naissance s'annonçait puis que leur retour en métropole s'en trouvait retardé... puis finalement annulé. 
Jamais je ne les revis (tandis qu'un de mes frères habite toujours à La Réunion). 
Petit chuchotement de plus : 
Une institutrice, (la belle-maman d'un de mes frangins ex proviseur adjoint etc), fut un temps (avec feu son époux Marcel, instituteur) ma/mes collègue/s à Lambersart, se nommant Suzanne Deleligne née Holvoet, devrait avoir 100 ans le 20 février 2026, en la résidence Le vallon vert de Mouvaux.  Veuve de Marcel ( -éternel plaisantin pince-sans-rire- également instituteur + palmes académiques, guerre d'Indochine, un temps gendarme aussi, disparu à 88 ans en 2011) elle va avoir 100 ans, une normalienne l'a-t-elle connue ? S'il était possible que l'Amicale des filles lui adresse un petit courrier pour son anniversaire, je pense que ça peut être un geste apprécié
J'espère vous avoir un tantinet distraits de pensées plus sombres. Pierre Dufour, janvier 2026 
 
(*renvoi 1) : 
Les archives du Nord présentent, par internet, un tableau listing d'institutrices/teurs d'avant 1914. 
Sur cette liste, mon grand-père, cité ci-dessus, Fernand Ruysschaert figure bien, mais avec des prénoms (Jean et Ferdinand) que la famille ne lui connut pas. A la ligne adjacente, on trouve le nom de son épouse, institutrice (eh oui !), Berthe Bonnemaison (décédée en 1949 avant ma naissance).