Le Nouvion-en-Thiérache : venez tester votre orthographe grâce au jeu de la dictée
La dictée sera écrite et lue par Christian Lelièvre, sacré champion de France d’orthographe à 2 reprises en 2006 avec une demi-faute et en 2007 avec une faute sous les ors de la mairie du XVIe arrondissement de Paris, félicité par Pierre-Christian Taittinger, ancien sénateur de Paris et ancien maire du XVIe arrondissement.
« J’en écris une quinzaine par an »
« Des dictées, j’en écris une quinzaine par an, toutes différentes. L’an dernier, celle lue au Nouvion-en-Thiérache l’était sur le thème des fleurs de rhétorique et des belles lettres. Cette année elle porte sur la forêt du Nouvion-en-Thiérache. C’est une forêt chargée d’histoire avec ses trois gros chênes, Claude, Henri et François, arbres centenaires », souligne Christian Lelièvre.
La dictée projetée sur écran phrase après phrase
Cette dictée va se dérouler en plusieurs étapes. « J’en fais lecture. Puis je la dicte lentement. Je la relis. Sur place la dictée sera projetée sur écran phrase après phrase pour en donner les corrections et explications. Chacun corrige sa copie », précise le champion.
Sans être du niveau de la fameuse dictée de Prosper Mérimée, imaginée en 1857, réputée impossible, la dictée de Christian Lelièvre promet son lot de surprises. « Pour moi, il n’y a qu’une orthographe, c’est celle du dictionnaire. L’orthographe qui a recours à l’intelligence artificielle pour moi c’est de la paresse intellectuelle. On perd une grande partie de la beauté de notre langue française », finit le crack de l’orthographe.
Inscriptions au 03 23 97 21 70.Le jeu de la dictée a réuni 30 participants au Nouvion-en-Thiérache
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| Les récipiendaires |
voici après l'événement passé le texte complet de la dictée :
Le-Nouvion-en-Thiérache. Samedi 30 mai 2026.
Prosopopées sylvestres nouvionnaises
C’est une belle histoire, mâtinée de légende(s) que je vais vous conter.
À la fin du XIXe siècle, vers 1880, le duc d’Aumale, alors propriétaire du Domaine de Guise, décida que trois des plus gros chênes de la belle forêt du Nouvion seraient choisis pour rappeler la naissance des trois premiers ducs de Guise.
Je suis Claude de Lorraine, nommé premier duc de Guise en 1528. Arbre majestueux de 30 m de haut, de plus de 4 mètres (m) de circonférence, j’ai vécu plus de 3 siècles. Nombre de curieux visiteurs se sont relayés et succédé sous mon épais feuillage quels que fussent les conditions météo et les moments de la journée. Certains se sont même souvent laissé gagner par une roborative sieste postprandiale parmi les centaurées mauves, les plantes odoriférantes aux feuilles coruscantes et les fleurs personées des mufliers sauvages encore appelés gueules-de-loup.
Ignorant les satyres chèvre-pieds, des ornithologues – calures reconnues – ont observé les grands ducs airant sur ma cime, des signes avant-coureurs d’une prochaine nidification.
Fin de la dictée pour les amateurs.
Je suis François de Guise, je mesure 10 m de circonférence et j’ai 350 ans. Quantité d’élégants éphèbes endimanchés et de tendrons énamourés se sont donné rendez-vous à l’ombre de mes branches tortueuses, ombre propice aux amours qu’ils ont entre-tissées et ont gravé des cœurs transpercés par les flèches de Cupidon sur mon écorce rugueuse, délaissant le rhytidome des platanes du centre-ville.
Des sylviculteurs, progressant avec prudence parmi les écots sciés se sont régulièrement rencontrés sous la fraîcheur de mes branchages pour tenir à jour leurs comptes de pérots. Busards et balbuzards ont trouvé refuge sur mes branches supérieures et se sont égaillés à l’envi, effrayant au passage des harets à raies.
Je m’appelle Henri de Guise, j’ai 300 ans, je mesure 4,5 m de circonférence. J’entends souvent raller le cerf à l’approche du jardin des daines.
Entouré de plusieurs dames d’atour, adossé sur mes racines, le poète a souvent interprété les laisses de la Chanson de Roland, a récité à haute voix des sœurs de lais et dix dits de Rutebeuf.
Tapis dans des escarpes encaissées, de cruels escarpes, véritables coupe-jarrets, ont détroussé, sous mes yeux, nobliaux et gentes dames avec desseins pervers.
Gracieuses, légères et rieuses, de jeunes princesses se sont balancées sur l’escarpolette accrochée à mes branches basses. Telles des vanesses joliment colorées, elles m’ont apporté beauté, insouciance et fraîcheur.
Le duc d’Aumale, avant son exil vers la Belgique en 1886, le cœur gros, nous a salués tous les trois et nous a souhaité… longue vie !
Christian LELIÈVRE.
Champion de France d’orthographe.
Champion de la Dictée des Amériques (Québec).


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