samedi 28 février 2026

MICHEL THÉREY, promo FP 67 69, nous envoie ce poème en souvenir de 1968 à l'école normale d'instituteurs de DOUAI.


 

24 Février 68



Cinquante-huit années ont passé

Depuis ces vieux événements

Aussi vous parlerai-je d’un temps

Ignoré de nos jeunes cadets


Rêvant de fête musicale

Je n’avais pas encore vingt ans

Et dans ta classe de terminale

Bien moins que ça, assurément


Nous n’étions pas encore majeurs

Mais « le monde était à refaire »

Et en cette toute première fois,

A trois reprises, cette nuit là

« C’est justement ce qu’on a fait »

Chez moi, dans ma chambre à Douai


C’était prévu depuis longtemps

Mais en l’absence de toute pilule

Fallait être sûr de ses calculs

Et dans l’alcôve, sous le drap blanc

« Y avait plus qu’nous » sans rien du tout 

« L’amour chantait sa carmagnole »

Loin du carcan de nos écoles,

Des tabous et des protocoles


Le ver grossissait dans le fruit

De jours en jours à la télé

D’heures en heures sur nos transistors …

Et à Nanterre comme à Paris 

Le vingt-deux Mars déjà naissait

Hirsute, moqueur, le poing dehors


« Et Mai préparait ses pavés »

En blackboulant la société

Cuisses à l’air pour mieux exister

En mini-jupes acidulées


« En ce temps-là, j’avais vingt ans … »

De par la porte du potager,

Réunissant nos deux écoles, 

Pour une fois déverrouillée

Filles et garçons allaient, venaient

D’une AG vers une autre AG

Tout assoiffés de Liberté

Tout étonnés de leur envol




« J’avais vingt ans pour très longtemps »

« T’avais ta main sur mon épaule »

Comme aujourd’hui, de temps en temps

Et malgré le temps qui s’envole

Avec mes soixante-dix-huit ans

« J’aurai vingt ans … éternellement … !!! »






M.THEREY FP 67/69 – 24 Février 2026

En hommage à la chanson de P. Bachelet « 20 ans »


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