24 Février 68
Cinquante-huit années ont passé
Depuis ces vieux événements
Aussi vous parlerai-je d’un temps
Ignoré de nos jeunes cadets
Rêvant de fête musicale
Je n’avais pas encore vingt ans
Et dans ta classe de terminale
Bien moins que ça, assurément
Nous n’étions pas encore majeurs
Mais « le monde était à refaire »
Et en cette toute première fois,
A trois reprises, cette nuit là
« C’est justement ce qu’on a fait »
Chez moi, dans ma chambre à Douai
C’était prévu depuis longtemps
Mais en l’absence de toute pilule
Fallait être sûr de ses calculs
Et dans l’alcôve, sous le drap blanc
« Y avait plus qu’nous » sans rien du tout
« L’amour chantait sa carmagnole »
Loin du carcan de nos écoles,
Des tabous et des protocoles
Le ver grossissait dans le fruit
De jours en jours à la télé
D’heures en heures sur nos transistors …
Et à Nanterre comme à Paris
Le vingt-deux Mars déjà naissait
Hirsute, moqueur, le poing dehors
« Et Mai préparait ses pavés »
En blackboulant la société
Cuisses à l’air pour mieux exister
En mini-jupes acidulées
« En ce temps-là, j’avais vingt ans … »
De par la porte du potager,
Réunissant nos deux écoles,
Pour une fois déverrouillée
Filles et garçons allaient, venaient
D’une AG vers une autre AG
Tout assoiffés de Liberté
Tout étonnés de leur envol
« J’avais vingt ans pour très longtemps »
« T’avais ta main sur mon épaule »
Comme aujourd’hui, de temps en temps
Et malgré le temps qui s’envole
Avec mes soixante-dix-huit ans
« J’aurai vingt ans … éternellement … !!! »
M.THEREY FP 67/69 – 24 Février 2026
En hommage à la chanson de P. Bachelet « 20 ans »


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