lundi 9 février 2026

De Fernand Ruysschaert à Emile Bonnemaison, Pierre Dufour, promo 68-73, évoque le souvenir de ses grands-parents instituteurs avec tendresse

 Je reviens un instant sur Fernand Ruysschaert, mon grand-père maternel, devenu instituteur. ( évoqué dans un précédent article, cliquer sur le lien pour le consulter)



De condition modeste, Fernand n'était pas destiné davantage à jouer au tennis, ce sport restant alors l'apanage d'une certaine bourgeoisie.

Fernand est au bord de mer. Un nageur semble en difficulté qui risque la noyade. Fernand nage pour s'approcher du malheureux et réussit, après l'avoir intimé avec autorité au respect d'une absolue immobilité, à le ramener au rivage, sauvé, vivant.

Or cette personne est le fils d'un riche médecin, propriétaire d'une demeure non moins riche, équipée d'un terrain de tennis.

Invité pour le remercier en la demeure bourgeoise, Fernand y est initié au tennis.

C'est pourquoi les petits-enfants de Fernand dont je suis, furent bien plus tard incités à manipuler à leur tour une raquette de tennis.

Je détiens aujourd'hui encore, un enregistrement sonore de Fernand, que j'ai réalisé environ 5 ans avant son décès. Avec une voix chevrotante, Fernand y raconte les souvenirs de ses anciennes émotions lors de sa descente à dos de mule de sentiers vertigineux du cirque de Gavarnie.




Autre petite histoire familiale.

Fernand se marie avec une institutrice de Poix-du-nord, Berthe Bonnemaison (ma grand-mère maternelle).

Son beau-père est Emile Bonnemaison, papa de Berthe.

Emile, un de mes bisaïeuls donc, est un expert comptable, fondé de pouvoir d'une filature du nord et bras droit du patron de la boîte, plutôt aisé.

La femme d'Emile se nomme Alix Abraham, bien entendu juive.



Mais à l'époque du nazisme, mieux valait cacher ce genre d'origine.

Le prénom Alix fut donc changé en Céline, prénom qui figure toujours sur sa tombe.

Mais encore : Emile, dont je joins une photo, je (et nous) l'avons bien connu.

Son aisance financière, assortie, comme ce fut aussi le cas de Fernand, à une  générosité certaine, le fit associer tous ses arrières petits-enfants à ses vieux jours.

C'est ainsi que, seul propriétaire du quartier d'un des premiers téléviseurs (noir et blanc), tous les tout petits étaient invités chez Emile chaque jeudi après-midi pour visionner les émissions pour la jeunesse. La gouvernante d'Emile procédait à la distribution d'un petit gâteau ou bonbon à chaque enfant (10 enfants sur les 12 existant).

Né en 1870, Emile disparut en 1971, à 98 ans et 2 mois. J'avais alors 17 ans.

Parmi les 12 petits : 5 instituteurs, 3 professeurs et dans leurs ascendants directs, 2 institutrices, 1 directeur d'école, 1 professeur.



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