Plantations et canicule.
Le jardin du curé et celui de l'instituteur furent longtemps au centre de la vie rurale.
Le jardin du curé et celui de l’instituteur représentent un thème souvent évoqué dans la littérature (Marcel Pagnol - Jean de Florette, 1951 ; Manon des sources, 1952 - George Sand - La Mare au diable, 1846), le cinéma (adaptations des œuvres de Pagnol : Les films Jean de Florette, 1986 et Manon des sources, 1986 de Claude Berri – les scènes de jardinage dans Le Grand Bleu, 1988 de Luc Besson), les chansons, les dictons et proverbes (« Un jardin bien tenu est le miroir d’une âme saine »).
Le jardin du curé et celui de l’instituteur incarnaient deux figures centrales de la vie villageoise en France, surtout aux XIXᵉ et début XXᵉ siècles où le curé et l’instituteur y jouaient un rôle de passeurs de savoirs.
Pour le curé, le jardin symbolisait entre autres la connexion avec la nature comme création divine. Pour l’instituteur le jardin reflétait l’autosuffisance et l’éducation par l’exemple (le jardinage, la botanique étaient d’ailleurs enseignés dans les Écoles normales d’instituteurs).
Ces deux jardins, reflétant une forme de complémentarité entre foi et savoir, étaient aussi les supports d’une compétition: qui aurait le plus beau jardin entre le curé et l’instituteur ?
En résumé : Le jardin du curé et celui de l’instituteur étaient bien plus que de simples potagers : ils étaient des symboles de la vie rurale, où se croisaient foi, savoir et travail de la terre, incarnant l’équilibre d’un village.
Au XXᵉ siècle, avec la désertification rurale, la mécanisation de l’agriculture, les jardins ont perdu leur rôle central. Les aléas climatiques renforcent le phénomène.
La canicule impacte fortement les plantations.
Le phénomène n'est certes pas nouveau.
Sécheresse : à quoi s’attendre et comment s’adapter ?
Sources : documents officiels et propositions de jardiniers
15 à 27 jours supplémentaires de sécheresse des sols en 2050, 2 fois plus de sécheresse des sols en 2050 par rapport à la période 1976-2005
De quoi parle-t-on ?
La sécheresse est un épisode durable de manque d’eau conduisant à différents impacts notamment sur le sol, la végétation et les aquifères (réservoirs d’eau souterraine). On distingue trois grands types de sécheresses :
La sécheresse météorologique : elle est provoquée par un manque de pluie ; quand la quantité d’eau est nettement inférieure aux normales saisonnières sur une période prolongée.
La sécheresse du sol (« dite sécheresse agricole ») : elle est causée par un manque d’eau dans les sols et nuit au développement de la végétation ; contrairement à son nom, elle ne touche pas uniquement les terres agricoles mais l’ensemble des sols et plantes.
La sécheresse hydrologique : elle se produit quand les réserves en eau des nappes, cours d’eau et lacs descendent sous la moyenne. La sécheresse peut résulter d’un manque de pluie mais pas seulement : elle peut aussi être le résultat d’une forte évaporation liée à des températures élevées. La sécheresse peut aussi être aggravée par l’utilisation intensive ou inadaptée de l’eau disponible, d’un mauvais usage du sol.
Comment le changement climatique aggrave la sécheresse ?
Le changement climatique induit des températures plus élevées ainsi qu’une baisse des précipitations en été: ces éléments combinés augmentent l’évaporation et le déficit en eau des sols, plans d’eau et cours d’eau et au final, les trois types de sécheresse.
En France, les sécheresses du sol sont plus fréquentes et plus intenses, surtout depuis fin 1980.
Sécheresse du sol et température : un cercle vicieux ?
A l’échelle locale, plus un sol est sec, plus il se réchauffe vite et augmente la température en période de canicule. Cette température plus élevée aggrave à son tour l’évaporation et la sécheresse du sol. Ces rétroactions négatives se constatent de plus en plus souvent en France.
A quoi s’attendre d’ici 2050 et au-delà ?
Une hausse des pluies en hiver et une baisse en été avec une modulation régionale (davantage de pluie au nord, moins au sud), même si l’évolution des précipitations annuelles présentent de fortes incertitudes.
2 fois plus de sécheresse en été, comparé à la période 1976-2005.
Les régions dont les sols sont aujourd'hui les plus humides connaîtront probablement les évolutions les plus fortes par rapport au climat actuel. Les zones montagneuses et méditerranéennes connaîtront des sécheresses de sol très marquées.
Il est urgent d’agir
La sécheresse menace notre consommation d’eau dans de nombreux domaines.
Par ailleurs, la sécheresse a des impacts sur la qualité d'eau et la biodiversité (faune et flore).
La sécheresse a également d'importantes répercussions sur l'agriculture (pertes agricoles, conséquences sur le bétail, mais aussi sur la forêt),
La production d'électricité hydraulique et nucléaire (pour fonctionner, les centrales nucléaires prélèvent de l’eau dans les rivières, les fleuves ou la mer) et le prix des matières premières.
La sécheresse augmente le risque d’incendies.
Pour les entreprises : la perturbation de l’agriculture n’est pas la seule conséquence. Une ressource en eau moins disponible peut aussi perturber le fret fluvial ou les opérations de refroidissement d’une entreprise par exemple.
Côté coût : selon la Fédération Française d’Assurance, la charge moyenne annuelle des dégâts liés à la sécheresse indemnisés entre 2020 et 2050 atteindra un total de 43 milliards d’euros (source France Assureurs).
Agir c’est
Identifier les risques pour son territoire.
Mettre en place d’un cadre réglementaire et d’une stratégie nationale, déclinée localement.
Propositions pour les jardiniers.
Maintenir l’humus des sols : la couche supérieure des sols, riche en litière et matière organique, aide à maintenir l’humidité du sol et sa capacité à infiltrer l’eau.
La protéger par toutes sortes d’actions est donc essentiel, que ce soit dans les jardins, dans les champs, ou les forêts :
cultiver sous couvert végétal,
éviter de terrasser, piétiner, bécher ou labourer, et utiliser d’autres techniques de cultures (lasagnes, permaculture…)
Préparer le sol pour pratiquer le jardinage sur sol vivant.
Première couche: épluchures, restes végétaux de repas, légumes abîmés. Ce compost, riche en azote, regorge d’eau est à installer en une couche de dix cm sur le sol. Les vers de terre vont agir, enfouissant la matière via leurs galeries, permettant au sol d’être mieux structuré, une condition indispensable à la rétention d’eau.
Seconde couche: sur la couche de compost frais —ajouter du broyat. C’est du carbone, ça va servir de garde-manger à la terre dans les prochains mois en devenant de l’humus.
Troisième et dernière couche pour protéger le sol de l’évaporation liée à la chaleur et au vent. Le paillage ou mulch permet de réduire l’évaporation de l’eau, d’éviter la formation de croûtes de terre qui empêchent l’eau de pénétrer dans le sol, et ainsi permet de conserver l’humidité nécessaire aux cultures, protège contre les variations extrêmes de température.
La terre du potager s’ameublit et s’enrichit au fil des ans. Le sol se gorge de l’eau des pluies.
Couvrir les plants et les semis (voile blanc réfléchissant ou sacs de jute humidifiés pour les semis).
Protéger les repiquages (pralin sur les racines et ombre sur les jeunes plantations).
Préserver les haies (paillage et ombrage constituent un bon alliage).
Utiliser les eaux dites « non conventionnelles » : eau de pluie, eau usée, en organisant la récupération des l’eau.
Rationaliser l’utilisation de l’eau.
Adapter la surface de culture à la quantité d’eau de pluie récupérée !...
Arroser au bon moment de la journée, de préférence tôt le matin ou en fin de journée.
Eviter les arrosages trop généreux, trop fréquents qui rendent les plantes « paresseuses ».
Proscrire l'emploi des asperseurs oscillants, rotatifs, canons qui mouillent toute la surface sans distinction.
Les différentes formes d’arrosage :
arrosage manuel - Le traditionnel arrosoir,
l’arrosage goutte à goutte,
l’utilisation des Oyats pour l’arrosage du potager,
l’arrosage à l’aide de tuyaux microporeux.
Aider le système racinaire à se développer (arrosage plus fréquent au début et utilisation de biostimulants racinaire et foliaire).
L’apport nutritionnel de l’humus étant perturbé par la sècheresse il est nécessaire d’apporter un engrais complet stimulant l’activité biologique du sol et qui se diffuse dans la durée (il faut noter que globalement les engrais « grand public » ne répondent pas totalement aux nouvelles exigences, seuls les engrais professionnels sont adaptés).
Gérer les mauvaises herbes concurrentes.
Protéger le sol du phénomène d’évaporation (paillage)
Favoriser la rétention de l’eau dans le sol (utilisation de rétenteur d’eau)
Pratiquer la rotation des cultures.
Choisir des plantes plus résistantes à la sècheresse
Bernard COGET
Un jardinier.

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